Jean Dujardin et Raymond Depardon. The artists, le film

Raymond a dit : « …le son c’est très important. Si c’est pour faire des images muettes … » et Jean a interprété Valentin, le muet.

Permettez moi d’appeler Dujardin et Depardon, Jean et Raymond, car ils me sont familiers …

Vous le comprendrez rapidement, alors autant l’écrire de suite, j’adore ce film. C’est plus qu’un chef d’œuvre. The Artist est déjà un film culte, une référence et mieux, un repère et la mémoire du cinéma. Rappel : The Artist est un film de Michel Hazanavicius; musique de Ludovic Bource; avec Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell, Penelope Ann Miller , Missi Pyle , Malcolm McDowell. Sortie en 2011, et Jean ayant obtenu le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes 2011.

Une leçon de cadrages et lumière pour tous les photographes. Une leçon de mouvement et de rythme pour tous les cinéastes. Merci Michel Hazanavicius. Si Depardon a insisté sur le son, il sait, aussi, que le cinéma est « mouvement et rythme », ce qui, avec le son, différencie ces deux techniques. Il sait aussi que le cinéma, c’est une histoire que le réalisateur VEUT et DOIT raconter comme une nécessité, une histoire qui l’habite, une histoire d’amour avec ses rêves et l’objet de son désir. La photographie ce n’est pas du cinéma, c’est la fixation d’un instant éphémère pour l’éternité. Le contraire, donc. La photographie se « contente » du cadrage et de la lumière, la photographie est lumière. La photo illustre et accompagne les mots ou bien, « projette », en faisant sa vie différemment, dans l’imaginaire de chaque spectateur.

Un film en Noir et Blanc, muet, fallait le faire, surtout le réussir !

Muet mais pas silencieux, car la musique du talentueux Ludovic Bourse accompagne le film, le souligne, participe de sa compréhension et de sa structure ….C’est un film muet avec le son. En ce sens Raymond a encore une fois raison, « le son, c’est important » pour le cinéma. Chaque image de ce film parle. Parle de l’esprit du cinéma, nous rappelle que la source coule toujours, seules la sincérité et la foi en l’ouvrage permettent de s’y abreuver ; mais que la forme peut tuer la lettre, que le formatage est criminel. En ce sens, The Artist est un repère pour les futures générations qui découvriront que le cinéma n’a besoin d’aucuns artifices spectaculaires mais du talent de pionniers respectueux, nourris du passé.

Je n’en dirai pas plus, la photographie étant le sujet de LE BLOG, laissant le plaisir aux spécialistes du cinéma de s’étendre, sans jeu de mot, sur  Bérénice Bejo et son excellent jeu d’actrice, sur la qualité des seconds rôles, encore un signe auquel on reconnaît les « grands » films. Je laisserai, également, le soin aux philosophes de nous dire à quel point le scénario est abouti, une descente aux enfers, puis en sortir régénéré  par la grâce du don. Une dissertation sur l’orgueil vaincu par l’amour.

Par contre je ne laisserai le soin à personne de dire mon admiration à Jean (Dujardin), un artiste auquel je ne croyais guère, qui se révèle être plus qu’un acteur, plus que talentueux. Il est simplement, il est juste. Ses derniers rôles, j’en suis certain, reflètent l’intimité de son être, l’expression de sa richesse.

Raymond Depardon et Jean Dujardin, deux hommes de la lumière, plus qu’artistes, plus que doués ils sont artisans du beau.

Merci Raymond, merci Jean ….

P.S : « …With pleasure…. »

ReflexNumerick, LE BLOG

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4 Responses to Jean Dujardin et Raymond Depardon. The artists, le film

  1. Marion B. says:

    Un film muet qui va beaucoup faire parler de lui ! :-D
    Merci de partager ces moments d’enthousiasme.

  2. seboine says:

    très bel article que je viens de relire ici, une fois avant le film, puis ce matin en réalisant que hier soir j’ai vécu un rêve éveillé, qui s’est prolongé dans ma nuit de sommeil…
    merci pour ce blog ;-)
    seboine
    http://www.seboine.com

  3. Cocagne says:

    En fait ce film n’est pas vraiment muet ou alors il donne très rapidement l’impression de ne pas l’être; on pourrait parler d’une histoire sans parole mais pas vraiment muette dans ce sens que les sons et pas seulement la musique ont un rôle central
    une seule allusion à la crise une seule et pourtant l’époque est à l’identique de la notre mais il s’agit de voir dans cet homme qui par fierté ou par orgueil, on choisira selon son propre vécu , le destin qui attend tous ceux qui aujourd’hui refusent de voir le basculement de notre merveilleux monde libre

    J’ai bien aimé l’allusion à la Georgies libre; Vive la Georgies libre ! Notre ami Argos appréciera.
    je n’ai pu m’empêcher de voir plusieurs clins d’œil à Hergé tous plus importants que cela ne parait en prime abord

    Quoi dire d’autre ?
    Que le noir et blanc c’est plutôt bien ? Au fond notre œil est plus à l’aise avec le noir et blanc il va a l’essentiel et ne disperse pas dans les couleurs
    Le noir et blanc c’est plutôt très bien

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